La pandémie a mis en évidence l’écart de maturité numérique des entreprises

GAMELabsNET s’entretient avec Enguerran Charlopain, directeur commercial d’Algotech.

C’est une réalité que la pandémie a accéléré le processus de numérisation dans l’environnement des entreprises, quels ont été, selon vous, les principaux changements dans le monde?

 

EC: La pandémie a mis en évidence l’écart de maturité numérique des entreprises. Le rythme de montée en compétence des équipes qui s’approprient les nouvelles technologies et les nouvelles méthodes de travail (vidéo, drive, logiciels SaaS, Cloud) a accéléré cette transformation. Une bonne transformation numérique, c’est aussi gagner en longévité et continuer à améliorer l’accompagnement de ses collaborateurs avec de nouveaux outils et des outils interactifs sont cruciaux pour combler ce défi.

 

Avoir une stratégie numérique dans son entreprise était déjà un avantage concurrentiel. Quel rôle jouent les TIC dans ce contexte de Covid-19 ? Les technologies sont-elles un moteur essentiel de la future reprise économique?

 

EC: Depuis 1970, nous avons réussi à collecter des données à partir de différentes bases de données : docs, excels, papier et logiciels de toutes sortes. Ils sont tous difficiles à faire interagir les uns avec les autres.

 

Ces logiciels historiques qui nous obligent à rester sédentaires, ont laissé place à de nouvelles solutions comme la technologie no-code qui nous permet de travailler de manière plus agile et flexible.

 

Le fait de pouvoir travailler à distance a permis à de nombreuses entreprises de continuer à travailler pendant la pandémie et de prendre la place de celles qui n’étaient pas du tout préparées, un grand écart dans les premiers moments de la pandémie a été constaté et au fur et à mesure, il s’est aminci. Mais une bonne transformation numérique, c’est aussi gagner en longévité et continuer à améliorer l’accompagnement de ses employés avec de nouveaux outils et des outils interactifs sont cruciaux pour combler ce défi.

 

L’incertitude qui s’est imposée peut être un frein à la numérisation, comment la voyez-vous, soulignent d’autres?

 

EC: La transformation numérique n’était pas une priorité par manque de temps ou de budget pour les entreprises mais face à l’incertitude avec les différents enfermements il devient plus qu’important de pérenniser sa méthode de travail à distance. Pour plus de compétitivité, les usines se mettent aussi au numérique pour attirer les talents et être plus efficaces.

 

L’essor de ces solutions plus agiles lors de la pandémie a rapidement permis aux salariés de monter en compétences et a apporté une valeur ajoutée à la compétitivité économique. Mettre la digitalisation en première ligne vous permet de continuer à soutenir votre activité en rattrapant votre retard et en ouvrant de nouvelles portes qui n’étaient pas exploitées avant la pandémie.

 

En brisant les silos internes, nous faisons tomber les frontières physiques.

 

L’Internet est devenu pour de nombreuses entreprises la seule plateforme qui leur offre une visibilité et la technologie comme alliée pour assurer la continuité de leurs activités, quelles solutions ou technologies les entreprises comme la vôtre ont-elles à leur disposition pour évoluer vers ? la transformation numérique et être plus productives et compétitives? Pouvez-vous citer des exemples ou des cas concrets?

 

EC: L’image de marque et la capacité à diffuser les informations clés de l’entreprise sont les deux solutions qui nous permettent de nous adapter et d’être plus compétitifs, elles peuvent être accompagnées de technologies comme un CRM / ERP sans code par exemple.

 

1- image de marque : nous avons deux leviers, ce sur quoi nous communiquons (il faut donc être pertinent et utiliser les réseaux sociaux et les outils de communication à bon escient) et l’action des commerciaux directement auprès des cibles (il faut donc utiliser Internet pour mieux cibler, savoir se démarquer, trouver les contacts pertinents). Linkedin est malheureusement devenu l’un des seuls canaux de prospection avec COVID, ce qui peut à terme devenir dangereux.

 

2- la capacité de diffusion : il s’agit ici de créer un réseau de partenaires capables de parler de nous, de notre technologie et de son adaptation aux besoins. Pour cela, nous devons chercher à nous mettre en relation avec des experts métiers ou des makers qui sont en contact avec les clients finaux et qui ont déjà une notoriété, afin de profiter de leurs capacités de communication à plus grande échelle. En bref, dans notre activité, les ventes indirectes sont la clé pour atteindre l’échelle.

 

Algotech est lié au projet transnational GAMELabsNET via ESTIA, en particulier, pourquoi avez-vous décidé de vous impliquer dans le showroom de Bidart ? Sur la base des échanges que vous avez eus tout au long du projet, quelles similitudes et différences pouvez-vous souligner entre les secteurs des TIC des trois pays participants, l’Espagne, la France et le Portugal?

 

EC: Chaque acteur du projet apporte sa propre expertise métier, ce qui permet de comprendre et d’appréhender différentes façons de travailler. Dans notre secteur du jumeau numérique, nous avons une longueur d’avance en France car le projet BIM est devenu une obligation légale pour les constructions, ce qui n’est pas le cas dans les autres pays. La circulation des données est la même pour les données par contre pour nos projets communs comme la maintenance en réalité virtuelle.

 

Quels sont les services fournis par le réseau transnational de centres de démonstration des technologies du jeu vidéo et de la gamification (Labs) de GAMELabsNET qui apportent une forte valeur ajoutée pour une PME comme la vôtre?

 

EC: Nous nous efforçons d’être le plus proche possible des jeunes car avec la pénurie de profils dans les nouvelles technologies, il est important de motiver la nouvelle génération à investir dans de nouveaux secteurs. La gamification rend la maintenance et l’industrie 4.0 plus ludique et visuelle.

 

Cet écosystème est en plein essor. Grâce au Lab, il y a désormais cette chance de pouvoir visualiser (lunettes de réalité virtuelle) une usine et de pouvoir s’y déplacer librement tout en permettant sa maintenance à distance.

 

A la veille du lancement des Métavers avec Facebook, c’est un univers qui va prendre de plus en plus de place. En effet, les jumeaux numériques tels qu’ils existent déjà en architecture pour le BIM ou dans l’usine du futur pour la maintenance préventive ou à distance sont déjà un monde virtuel et existent déjà dans de nombreux domaines. La gamification les a rendus plus accessibles aux différents secteurs.

 

Enfin, quels conseils donneriez-vous aux entreprises en général, et aux entreprises du secteur des TIC en particulier après votre participation à ESTIA Lab?

EC: Appartenir à un groupe comme ESTIA Lab est un honneur pour nous, nous sommes comme une famille avec de la bonne volonté entre chacun des participants. L’objectif est d’être dans un environnement de travail collaboratif où l’on apprend de tout le monde, et c’est à mon avis le meilleur booster pour les entreprises.

 

Nous nous connaissons tous et valorisons les entreprises du collectif pour développer des partenariats et avoir un retour sur nos activités communes.

 

Cette synergie nous permet de construire un Labo pertinent pour ceux qui le visitent, qu’ils soient des entreprises en quête d’innovation ou des étudiants en quête d’inspiration.

 

Si ces dernières décennies, la concurrence a été mise en avant pour le business, un changement des méthodes de travail semble s’opérer via cette nouvelle tendance au partenariat, car c’est elle qui nous permet de dynamiser la nouvelle génération et nos territoires en donnant un vrai sens au travail.

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